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MON PORTRAIT
Date de naissance :2 octobre 1979
Taille / poids :1m71 et 69 kg
Club : Convention Gymnique de Lyon
Centre d'entraînement : Pôle France Lyon
Entraîneurs : Anatoli VORONTZOV
Gymnaste, autant par nécessité disciplinaire que par goût je poursuis un idéal de perfection gestuelle qui m’impose d’être exigeant, voire intransigeant, avec moi-même. M’investir totalement dans la réalisation d’un projet, qu’il soit sportif ou d’une autre nature, le mener à terme, me paraît satisfaire autant aux impératifs de l’éthique sportive qu’à mon goût pour les choses bien faites. Ce don total de soi m’est un principe de vie où je puise une sorte de « bonheur », d’allant, d’énergie vitale qui m’a jusqu’à ce jour permis d’aller au bout de mes envies et de mes rêves.
Cependant, pour éviter que cette recherche constante d’efficacité ne vire à l’obsession, je m’efforce de profiter à fond des extra, toujours trop rares bien sûr, qu’autorise une vie de sportif de haut niveau encore en exercice. Je ne boude aucun des compatibles plaisirs de la vie que la table, les rencontres, les voyages procurent à une jeune sensibilité avide d’expériences. J’adore la pêche, les bons vins et les succès répétés de l’OL « ALLEZ LES GONES !! » , L’ouverture à l’imprévu, à la surprise, tempère, me semble-t-il, ce que ma vie dans et autour des gymnases pourrait avoir d’excessivement rigoureux, voire monacal. Un zeste de fantaisie ne peut que rehausser l’austère beauté du sacrifice sportif…n’est-ce pas ?
Un regret cependant : je me vois obligé de négliger, par manque de temps, beaucoup d’autres centres d’intérêts : le cinéma, la lecture, le surf... Il sera toujours temps de se rattraper lors de ma reconversion…..
Mes débuts :
Tout jeune, j’ai baigné dans une atmosphère gymnique. Ma mère, professeur d’ EPS et mon père, éducateur territorial, étaient les entraîneurs de l’école gymnique de Jassans-Riottier, petit bourg de l’Ain. Comme il se doit ils m’ont d’abord fait goûter aux aspects ludiques de cette discipline. Mon ardente imagination et leur sollicitude complice eurent tôt fait de transformer cette immense et somptueuse salle de jeux en un lieu sacré dont j’étais devenu à la fois gardien et conquérant.
Mes parents pensent que la gym va m’épanouir, favoriser mon développement moteur et psychomoteur tout en me divertissant. Et ils n’ont pas tort. Mais très vite, la compétition m’attire. Mes premières victoires en championnat départemental attisent ma motivation et ma soif de performances. Mon rêve devient celui de nombreux sportifs : les Jeux Olympiques. Mon père, entraîneur hors pairs, aidé de ma mère, toujours très impliquée dans mon épanouissement corporel, m’inculque très vite les bases, et bien au-delà, d’une discipline austère mais que mes rapides progrès rendent jubilatoire. Mes parents m’ont inculqué un authentique « esprit gym » fait de dynamisme et de valeurs saines. On ne peut rêver plus bel élan pour franchir les étapes qui allaient suivre. Ils ne m’ont jamais forcé à faire de la gym de haut niveau. Bien au contraire. Soucieux d’harmonie et d’équilibre, ils craignaient les contraintes réductrices d’une spécialisation qu’ils jugeaient trop précoce. Leur souci était de préserver tout l’éventail des possibles dans la construction de ma vie et de ne pas nuire à mon devenir personnel et professionnel. Malgré ces louables hésitations parentales, je pris la décision d’intégrer le sport étude de Lyon à mon entrée en classe de 6ème.
L’entrée au pôle France de Lyon :
Henri Paul PECOLO, l’entraîneur président du pôle, aussi exigeant que compétant – et ce n’est pas peu dire-, prit dés lors la relève de mon père. Durant 3 années, il m’aida à perfectionner tous mes fondamentaux sur les agrès. Cette période difficile, voire éprouvante, a été assurément déterminante dans ma formation. Henri, avec une admirable persévérance parvint à ne laisser aucune place à l’erreur. L’éloignement de mon cocon familial et le brutal changement de rythme d’une vie soudainement très encadrée (25 heures d’entraînement et 20 heures de scolarité hebdomadaire) ont quelque peu ébranlé ma détermination ; je doutai soudain. Etait-il judicieux, à seulement 10 ans, de sacrifier à un but aussi lointain et dont la réalisation paraissait si incertaine, ce capital immédiat de liberté et de loisirs dont les copains, là, tout prés, jouissaient sans réserve ? Dans ces moments délicats mes proches et Henri furent vraiment à la hauteur. Usant du ton juste et de mots toujours respectueux et délicats ils m’ont remotivé à force de croire en moi. J’eus aussi la chance, la première année, de ne pas intégrer l’internat mais une famille d’accueil, la famille COPONAT, qui a su parfaitement s’occuper de moi et m’accompagner au quotidien dans mes difficultés.
Ma rencontre avec Anatoli :
Une fois mon apprentissage des bases gymniques avancé, j’ai fait la rencontre d’Anatoli VORONTZOV. Biélorusse d’origine, arrivé en France 1 an auparavant et depuis mon entraîneur, mon coach, mon mentor, mon guide, mon repère… Cet homme m’a transmis sa passion, son savoir, ses connaissances, son expérience et a fait de moi le gym que je suis aujourd’hui. Je pense avoir passé plus de temps avec lui qu’avec n’importe qui. Il m’a consacré, et me consacre encore, une grande partie de sa vie. Je lui dois aujourd’hui bien plus qu’une carrière…
Mon départ pour Paris :
En 2004, pour assurer ma reconversion professionnelle, je suis contraint à partir sur Paris pour suivre une formation afin de devenir professeur de sport. Ce difficile choix de me séparer de mon entraîneur et de mon centre d’entraînement, me paraît, avec le recul, très judicieux. Anatoli m’avait déjà transmis suffisamment pour que j’avance sans lui et les entraîneurs Laurent BARBIERI, Laurent GUELZEC et Sébastien DARRIGADE ont su efficacement prendre le relais.
Dès lors, j’ai organisé mes entraînements selon mes besoins et géré personnellement mon programme. Leurs conseils et la motivation qu’ils m’insufflaient au quotidien furent des éléments déterminants dans ma progression.
J’avais gardé un contact privilégié avec Anatoli dont les conseils restaient pour moi très précieux. Régulièrement nous nous retrouvions pour continuer une magnifique aventure déjà vielle de 15 ans et cultiver un lien d’amitié qui continue de rayonner bien au-delà des murs des gymnases.
Mon retour à Lyon:
Après la qualification Olympique de l’équipe de France en octobre 2008, il m’a paru indispensable de revenir sur Lyon, auprès de mon entraîneur Anatoli, pour parachever ma préparation aux J.O de Pékin.
Ce choix n’allait pas de soi.
Il allait m’éloigner du reste de l’équipe de France qui préparait les Jeux à l’INSEP.
J’éprouvais le besoin très fort en cette circonstance particulièrement délicate, de retrouver mon cher entraîneur et un environnement familier ; mes repères en quelque sorte.
Je ne regrette nullement ce retour au bercail. Bien au contraire. Il m’a apporté la sérénité et la confiance nécessaires pour relever un tel défi : un accompagnement et un soutien sans faille de mes amis de la Convention Gymnique.
On respecta mon choix, nul ne me jugea et je fus littéralement porté par ma bonne ville de Lyon. Que voulez-vous… je suis de quelque part.
Je compte poursuivre mon idéal de vie sportive auprès de mon entraîneur, de mon club, de ma ville ; c’est en eux que je puiserai les ressources morales qui me mèneront aux Jeux Olympiques de Londres.
Merci ! :
Depuis mes débuts dans la gymnastique, mon entourage a été une force et un atout. Il est venu compléter l’encadrement qui me formait. Comme je l’ai dit, ma famille et mes amis m’ont aidé efficacement à chacune des étapes d’un parcours difficile ; mais aussi toutes les rencontres lors de mes déplacements ; et ces échanges si riches, si variés, parfois si imprévisibles, que j’ai pu avoir avec le public, les supporters ou les gymnastes concurrents devenus amis !
J’avoue être un incurable compétiteur…et pas qu’en gym ! La concurrence, bonne ou mauvaise, sportive ou autre n’a finalement été que positive. Une première place justement perdue ou une médaille volée n’a jamais fait qu’attiser mon désir de revanche. Jamais je n’ai songé à renoncer à un podium. Ni par lassitude, ni par impatience, ni par sentiment d’injustice. Jamais ne m’a habité le désir d’abandonner ; bien au contraire les revers que, comme tout sportif, j’ai eu à subir, ont contribué, par le supplément d’exigence qu’ils ajoutaient au défi, à l’élaboration de ce mental et à ce perpétuel besoin de dépassement sans quoi je ne serais pas ce que je suis aujourd’hui.
Alors un grand merci à ceux ou celles qui, consciemment ou non, « ont été là ».
Un merci tout particulier à celle qui impulse toutes mes démarches, m’aide et me soutient dans tous mes projets et m’accompagne si merveilleusement dans la vie…
Vendredi 22 Décembre 2006
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