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Cucherat appelé à la «barre»- Lyongratuit.com - Mars 2008



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Cap sur les Jeux Olympiques de Pékin. Le gymnaste lyonnais, Yann Cucherat, se prépare à disputer sa troisième olympiade en août 2008. Le spécialiste des barres parallèles et de la barre fixe représente une véritable chance de médaille française dans «l’Empire du milieu». Cet homme ouvert et accessible a gentillement accepté de répondre à nos questions.

Tes débuts : J’ai commencé avec mon père qui m’a entrainé à l’école gymnique de Jassans-Riottier. Ensuite, à mon entrée en 6 ème, j’ai intégré le sport étude de Lyon et le pôle France de la ville.

Jassans-Riottier : C’est là où tout a commencé. Ce petit bourg m’a donné mon élan. J’ai beaucoup d’attaches fortes, mon père vit encore à Jassans. Je conserve que de bons souvenirs.

Anatoli Vorontzov : Mon entraîneur actuel. Cela fait plus de 15 ans qu’on se côtoie. J’ai une profonde reconnaissance pour ce passionné qui m’a donné tout ce qu’il pouvait. J’entretiens une relation très forte avec ce grand Monsieur.

Ton 1er titre : C’était en 1992 chez les Minimes. Je suis devenu champion de France à l’occasion du concours général. Un premier sacre qui marque forcément.

L’Equipe de France : Depuis 1993, je suis en Equipe de France. J’ai fait toutes mes gammes dans les équipes jeunes : junior, espoir. Mais, c’est en 1997 que je l’intègre pleinement. Cette même année, j’ai participé à mes premiers championnats du monde. Nous avons terminé 9 ème par équipe. C’est un rêve de gamin que d’accéder en Equipe de France. C’est le sommet pour tout jeune sportif.

Les Jeux Olympiques : Un autre rêve qui s’est concrétisé. C’est LA compétition de référence. Enfant, je voulais être de la partie. J’attendais de décrocher mon billet pour y participer.

Le meilleur moment de ta carrière : Il y a eu mes deux médailles mondiales en 2005 à Melbourne. C’est la consécration, puisque ce sont les premières. J’en ai forcément que de supers souvenirs. Mon titre de champion de France sénior obtenu en 1998 dans ma ville a été fort en émotion. Ma famille était dans la salle. Ma première participation aux JO également, c’était un très grand moment. Comme tu vois, j’en ai plusieurs ! Difficile de faire un choix.

Le plus douloureux : Ce ne sont pas les blessures puisque j’ai à chaque fois rebondis. Ma plus grosse frustration, sans hésiter, c’est la médaille olympique qu’on m’a volé aux barres parallèles lors des Jeux d’Athènes en 2000. Autre moment difficile. Celui-ci s’est passé en 1998. Je devais partir à Saint Petersbourg avec l’Equipe de France pour disputer une compétition européenne. Malade, je suis resté au lit chez moi. L’équipe est revenue avec une médaille de Russie.

Les Lions du sport : Cette année, j’ai terminé troisième derrière le rameur Franck Solforosi et l’attaquant de l’OL, Karim Benzema. C’est une fierté que d’être récompensé. Lyon est une grande ville où il y a beaucoup de sportifs. Cette cérémonie me permet de rencontrer et de croiser du monde. Les échanges sont sympas. C’est intéressant de discuter pour savoir où ils en sont, comment ils gèrent les grands évènements.

Tes passions en dehors de la gymnastique : (Rires) Ma chérie ! Je suis un bon vivant. Je profite de la vie. J’aime manger autour d’une bonne table avec de bons vins… Voyager est une passion également.

Ta plus grosse bêtise : Il réfléchit… Je dirai… dans mes appartements. Lorsque je dois faire des travaux, c’est la galère. Il m’arrive de faire des bêtises. Je ne suis pas manuel, mais pas du tout.

Un talent caché : Mon seul talent, c’est le sport. Je n’en ai pas de caché…

Ta qualité majeure : Je suis généreux et simple.

Ton défaut : Je suis trop perfectionniste et impatient. On me le répète souvent.

Ce qui t’énerve dans la vie : Etant une personne relativement ouverte, j’ai du mal à comprendre les gens qui se referment sur eux-mêmes et qui se réfugient dans leur coin.

Enfin, si tu n’avais pas été gymnaste, qu’aurais-tu fait ? : (Rires) C’est une bonne question ! Etant issu d’une famille très sportive, je pense que j’aurai pratiqué un autre sport de haut niveau. Peut être le judo. Plus jeune, mes parents m’ont laissé le choix entre ce sport et la gym.


«Disputer les Jeux en 2012»

Après avoir dressé un bref portrait de Yann Cucherat, le gymnaste s’est prêté à une série de questions en rapport à son actualité. Il évoque sa préparation, son programme, l’autre étoile lyonnaise de la gymnastique, Cassie Véricel, ses projets...

Nous sommes à 175 jours (ITW réalisée le 14/02/08) des Jeux Olympiques, comment te sens-tu ?
Physiquement, je suis bien. L’échéance peut paraître encore loin, mais ça va vite être là. La motivation et l’intensité sont présentes à chacun de mes entraînements. Je travaille dur pour ne pas avoir de regrets.

À quoi ressemblent tes journées avant les Jeux ?
Les matins, pendant près de deux heures, je fais de la musculation, des étirements ainsi qu’un réveil corporel. Les après midis, je monte sur les agrès pendant 2 à 3 heures. Je répète mes mouvements et peaufine ma technique.

Une autre lyonnaise, Cassie Véricel, brille sur les praticables. Parle en nous.
Je connais bien Cassie (Ndlr : sociétaire du club de Chassieu) qui est une gymnaste très prometteuse. Elle a terminé troisième au sol à l’occasion des derniers championnats du monde. C’est l’unique médaillée française en Allemagne. C’est une superbe performance car la concurrence était rude. Notamment avec les filles de l’Est. Je lui tire un gros coup de chapeau.

D’autres sportifs lyonnais, à l’image du couple de danse sur glace Isabelle Delobel et Olivier Schoenfelder, l’athlète Tereza N’Zola… vont s’envoler pour Pékin. Te tiens-tu informé de leurs performances respectives ?
Oui, bien sûr. Je me connecte sur internet pour prendre connaissance de leurs résultats. Je ne les espionne pas non plus mais je suis leur actualité. À Pékin, on se retrouvera.

Justement, quand est ce que tu vas rejoindre la Chine ?
L’Equipe de France de gymnastique part le 25 juillet. Le 8 août, il y a la cérémonie d’ouverture. Le lendemain, nous débutons la compétition.

Du 4 au 6 mars, tu vas participer à une épreuve de Coupe du Monde au Qatar. Comment abordes-tu cette compétition ? Est-ce une répétition avant les Jeux ?
Il s’agit d’une compétition officielle qui va se dérouler à Doha. Oui, c’est important d’y participer. C’est une bonne préparation avant Pékin. Nous allons rencontrer les juges. Il faut marquer des points.

Quels sont tes autres rendez-vous ?
Je vais me rendre en Hongrie, puis en Slovénie.

Concernant Lyon, est ce que la Ville te donne les moyens nécessaires pour t’exprimer pleinement ?
Complètement ! J’ai la chance d’être dans une ville qui prend en compte les sports amateurs. Dans sa politique, Thierry Braillard (Ndlr : adjoint au sport de la Ville de Lyon) donne aux sportifs les moyens nécessaires pour qu’ils réussissent.


L’après JO





Que comptes-tu faire ?
Je continuerai à travailler pour disputer ma quatrième olympiade (Ndlr : en 2012 à Londres). Quand la motivation et le niveau sont au rendez-vous, je ne me fixe pas de limites. Puis, j’ai appris qu’en 2012, les Championnats d’Europe pourraient se dérouler en France, peut être même à Lyon. Terminer ma carrière chez moi serait super.

Envisages-tu un retour sur Paris ?
Non. Je reste sur Lyon maintenant. Je construis ma vie dans ma ville.

Nous n’avons plus qu’à lui souhaiter de décrocher sa première couronne olympique. La troisième tentative sera-t-elle la bonne ? Nous l’espérons. Bonne chance à lui !

Fiche d’identité
Yann Cucherat
Né le 2 octobre 1979 à Jassans-Riottier
Taille : 1m71 / Poids : 69 kg
Club : Convention Gymnique de Lyon
Palmarès : Double médaillé mondial, 4 médailles Européennes, 7 titres en coupe du monde, 4 médailles Européennes, 2 finales Olympiques, 17 titres nationaux.

Cucherat appelé à la «barre»- Lyongratuit.com - Mars 2008

Jeudi 21 Février 2008
Yann CUCHERAT

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